Le coup d'État militaire de 2021 a plongé la Birmanie dans une guerre civile meurtrière entre la junte, la guérilla anti-coup d'État et des groupes armés ethniques.
Selon des habitants, la frappe aérienne de samedi matin a touché le village de Hnankhar, dans la région occidentale de Magway, dans une zone actuellement tenue par les forces anti-coup d'État.
Un porte-parole de l'armée birmane n'a pas pu être joint par l'AFP.
"L'avion a volé très bas et j'ai entendu une forte explosion alors que nous nous cachions", a déclaré dimanche un villageois sous couvert d'anonymat.
"Lorsque je suis allé nettoyer la zone, je n'ai vu que des morceaux de corps humains", a-t-il ajouté. "C'était terrible de voir ça et je n'ai toujours pas oublié cette image".
Le témoin et un autre habitant de la région ont déclaré qu'un médecin et sa femme figuraient parmi les 11 personnes tuées par l'explosion.
"L'armée multiplie les attaques aériennes ces derniers mois et tous les civils ont très peur", a déclaré le résident, qui s'est également exprimé sous couvert d'anonymat lundi.
Ils guettent toujours le bruit des avions de combat pour pouvoir se cacher.
Bien que l'armée birmane ait subi de lourdes pertes territoriales, les analystes estiment que sa puissante armée de l'air, qui bénéficie du soutien technique de la Russie, joue un rôle clé pour maîtriser ses adversaires.
Selon l'ONG Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), le nombre de frappes aériennes militaires sur des civils a augmenté d'année en année depuis le début de la guerre civile, avec près de 800 en 2024, trois fois plus qu'en 2023. Selon l'ACLED, la junte continuera à recourir aux frappes aériennes parce qu'elle est "soumise à une pression militaire croissante sur le terrain".
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