Centres de cyberfraude: la Birmanie rend un premier groupe de travailleurs à la Chine, via la Thaïlande

12:0420/02/2025, jeudi
AFP
Le ministre adjoint chinois de la sécurité publique, Liu Zhongyi (2R), est entouré par les médias après avoir inspecté le rapatriement de travailleurs et de victimes présumés de centres d'escroquerie depuis la Chine, à l'aéroport international de Mae Sot, dans la province de Tak, le 20 février 2025.
Crédit Photo : Lillian SUWANRUMPHA / AFP
Le ministre adjoint chinois de la sécurité publique, Liu Zhongyi (2R), est entouré par les médias après avoir inspecté le rapatriement de travailleurs et de victimes présumés de centres d'escroquerie depuis la Chine, à l'aéroport international de Mae Sot, dans la province de Tak, le 20 février 2025.

La Birmanie, la Thaïlande et la Chine ont lancé, jeudi, une opération d’envergure visant à rapatrier des centaines de travailleurs chinois exploités dans des centres de cyberfraude situés en Birmanie, notamment près de la frontière avec la Thaïlande.

Un premier groupe de travailleurs a embarqué dans un vol China Southern Airlines depuis l’aéroport thaïlandais de Mae Sot (nord-ouest) à destination de Xishuangbanna, dans le sud de la Chine. Selon une source de sécurité thaïlandaise, 200 Chinois devaient être rapatriés dès jeudi, et 16 vols sont prévus jusqu’à samedi pour transporter environ 600 personnes.

Le rapatriement complet pourrait prendre plusieurs semaines, mais aucun détail n’a été donné sur leur sort une fois en Chine. Interrogé à ce sujet, Pékin a simplement renvoyé la presse vers les "autorités compétentes".

Les centres de cyberfraude: une industrie criminelle à grande échelle


Les centres d’arnaques en ligne se sont multipliés en Birmanie ces dernières années, opérant principalement avec une main-d’œuvre captive, souvent chinoise, contrainte de tromper leurs compatriotes via des jeux de casino en ligne ou des escroqueries liées aux cryptomonnaies.


Ces réseaux criminels, installés dans des zones de non-droit, exploitent des milliers de travailleurs piégés par de fausses offres d’emploi et retenus contre leur gré après la confiscation de leur passeport. Un rapport de l’ONU publié en 2023 estimait que ces centres employaient au moins 120.000 personnes en Birmanie.

Certaines victimes ont témoigné de violences physiques, de torture, de détention arbitraire et d’abus sexuels. Début février, une milice birmane a déjà remis 260 victimes aux autorités thaïlandaises, originaires d’une dizaine de pays dont les Philippines, l’Éthiopie et le Brésil.


Pékin accentue la pression sur la junte birmane


Face à l’ampleur du phénomène, la Chine a intensifié sa pression sur la junte birmane, l’un de ses principaux partenaires militaires, pour mettre fin à ces activités.


Dans un communiqué, la junte a affirmé avoir remis 200 ressortissants chinois impliqués dans des affaires de fraudes en ligne et de jeux d’argent illégaux. Elle a justifié cette opération par un "esprit humanitaire et d’amitié entre les pays".

La Thaïlande a également réagi en coupant début février l’approvisionnement en électricité dans certaines régions birmanes frontalières, dont Shwe Kokko, une ville connue pour abriter ces centres d’arnaque. L’objectif est de freiner l’essor des activités illégales et de rassurer les touristes chinois, essentiels à son secteur touristique.


Les inquiétudes des citoyens chinois ont été ravivées après l’enlèvement d’un acteur chinois à Bangkok, retenu dans un centre de cyberfraude en Birmanie avant d’être libéré en janvier 2025.

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