Soudan du Sud: au moins 58 personnes tuées en mars par des bombes incendiaires dans le Nord-Est (HRW)

17:3710/04/2025, Perşembe
AFP
Un homme tient un drapeau sud-soudanais et prie lors d'une célébration de l'anniversaire de la Fondation de l'Armée rouge (RAF) à Juba.
Crédit Photo : SAMIR BOL / AFP Archive
Un homme tient un drapeau sud-soudanais et prie lors d'une célébration de l'anniversaire de la Fondation de l'Armée rouge (RAF) à Juba.

Les forces sud-soudanaises ont utilisé le mois dernier des bombes incendiaires improvisées larguées par des avions qui ont tué "au moins 58 personnes", dont des enfants, dans le nord-est du pays où se déroulent des affrontements depuis plusieurs semaines, a accusé Human Rights Watch (HRW) jeudi.

Des affrontements dans plusieurs régions du plus jeune pays du monde, riche en pétrole mais extrêmement pauvre par ailleurs et instable, ainsi que l'arrestation du vice-président Riek Machar fin mars par des forces loyales au président Salva Kiir, mettent en péril un accord de paix qui a en 2018 mis fin à cinq années de guerre civile sanglante.


Les bombardements aériens se sont intensifiés vers la mi-mars, selon HRW, environ dix jours après une attaque contre un hélicoptère de l'ONU dans le comté de Nasir (nord-est), qui a coûté la vie à un membre de l'équipage et à un général sud-soudanais.

Des témoins interrogés par l'ONG ont décrit des
"barils"
largués depuis un avion qui ont explosé au sol, un secouriste expliquant que les zones touchées ont
"brûlé pendant plusieurs jours, avec des crépitements",
ce qui selon HRW indique que des
"substances inflammables ont été utilisées comme agent incendiaire"
.

Ce mode opératoire s'est retrouvé dans quatre attaques survenues entre les 16 et 21 mars, qui selon Human rights watch
"ont fait au moins 58 morts, et gravement brûlé d'autres personnes"
. Un témoin a décrit à HRW des victimes dont une
"peau noircie se détachait. Un homme décédé à l'hôpital avait même les dents brûlées".

HRW a appelé l'ONU à
"exhorter le Soudan du Sud à cesser ses attaques illégales"
, dont l'utilisation
"dans des zones peuplées pourrait constituer une série de crimes de guerre"
, et appelé au déploiement urgent de forces onusiennes de maintien de la paix dans les zones touchées.

Le chef de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud Nicholas Haysom avait dénoncé fin mars des attaques indiscriminées contre les civils, notamment des bombardements aériens avec des engins qui contiendraient un liquide
"hautement inflammable"
ayant causé
"un nombre important de victimes, et d'horribles blessures, en particulier des brûlures".

Contacté par l'AFP, le gouvernement sud-soudanais n'avait pas réagi à 12H00 GMT. Mais il avait indiqué le 17 mars avoir mené des frappes aériennes dans la région dans le cadre d'
"opérations de sécurité".

"Si vous, en tant que civil, vous vous trouvez sur place (...) nous ne pouvons rien faire"
, avait alors réagi le ministre de l'Information Michael Makuei Lueth, interrogé sur le décès de civils dans ces bombardements.

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