
La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé lundi l'octroi de 52 millions d'euros d'indemnisation aux victimes d'un des principaux chefs de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), une guérilla qui a fait régner la terreur en Ouganda.
Dominic Ongwen, nom de guerre la "Fourmi blanche", purge actuellement une peine de 25 ans de prison pour 61 chefs d'accusation, dont le meurtre, le viol et l'esclavage sexuel dans le nord de l'Ouganda au début des années 2000.
M. Ongwen avait fait appel, mais les juges de la cour d'appel de la CPI, basée à La Haye, ont confirmé à l'unanimité le montant des réparations.
Le cas de celui qui avait été forcé à devenir enfant soldat après avoir été enlevé sur le chemin de l'école à l'âge de neuf ans a mis en lumière la responsabilité morale des personnes enlevées alors qu'elles étaient mineures.
La LRA a été fondée en 1987 par Joseph Kony, ancien enfant de choeur catholique et prophète autoproclamé, qui a lancé une rébellion sanglante dans le nord de l'Ouganda contre le président Yoweri Museveni.
Les juges de la CPI ont notamment estimé que M. Ongwen avait personnellement ordonné à ses soldats de massacrer plus de 130 civils dans les camps de réfugiés de Lukodi, Pajule, Odek et Abok entre 2002 et 2005.
Si la Cour a reconnu qu'il avait été kidnappé alors qu'il était un "enfant sans défense", les juges ont estimé que cela n'atténuait en rien la gravité de ses crimes.
Le Fonds au profit des victimes de la Cour organisera le versement des réparations, M. Ongwen, qui purge actuellement sa peine dans une prison norvégienne, ne pouvant payer.
Traqué depuis de nombreuses années, Joseph Kony demeure introuvable. La CPI doit tenir une audience pour établir les charges contre lui par contumace le 9 septembre prochain.










